« Bien sûr nous avons eu davantage de soirées défaites que de matins triomphants [...]
Et à force de patience, nous avons gagné le droit précieux de recommencer.
» Daniel Bensaïd

7

Kobané et l’hypocrisie des grandes puissances

Il a fallu attendre 5 semaines pour que la coalition internationale cesse de regarder l'Etat Islamique l'arme au pied massacrer les kurdes de Kobané en Syrie. 5 semaines aussi pour que le gouvernement turc ouvre ses frontières pour laisser passer les armes aux combattants de Kobané. La Turquie a finalement cédé à la pression de la réprobation internationale et aux manifestations imposantes de sa propre population, et pas seulement des Kurdes. Manifestations d'ailleurs violemment réprimées par le gouvernement d'Ankara car il craint qu’une victoire des Kurdes de Kobané sur l’Etat Islamique entraîne par la suite un mouvement d’émancipation du peuple Kurde. Depuis les « printemps arabes » de 2011, tous les gouvernants ont une obsession : empêcher les populations de se libérer elles-mêmes du joug politique et social qui les écrase. Quitte à favoriser les forces les plus réactionnaires, promptes à noyer tout frémissement révolutionnaire dans de sanglantes guerres civiles, comme en Libye hier ou en Syrie aujourd’hui. Il n’y a pourtant à cela aucune fatalité. Les différences culturelles, linguistiques, religieuses ne font pas obstacle à la cohabitation des peuples ; sauf quand elles sont instrumentalisées au profit des dominants ou de ceux qui aspirent à le devenir. Et lorsque les États riches interviennent (ou non) contre les miliciens barbares de l'EI, c'est en fonction de leurs intérêts, et non par souci du sort des peuples qui se retrouvent pris en étau entre la barbarie islamiste et l'impérialisme.
Mentions légales Accès privé