« Bien sûr nous avons eu davantage de soirées défaites que de matins triomphants [...]
Et à force de patience, nous avons gagné le droit précieux de recommencer.
» Daniel Bensaïd

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Après l’ignoble attentat contre Charlie Hebdo L’union nationale est un piège Unissons-nous pour la démocratie, la solidarité contre le racisme 

L'attaque à l'arme lourde qui a fait 12 morts dans les locaux du journal Charlie Hebdo à Paris suscite dans tout le pays l'émotion, l'indignation, la colère et la révolte. Cette attaque terroriste est insupportable. L'exécution des salariés et des dessinateurs du journal  est un crime qui nous vise toutes et tous, un crime contre la démocratie et la liberté d'expression. Notre solidarité est pleine et entière avec les victimes de cette folie meurtrière. Ceux qui ont commis ces crimes veulent terroriser, provoquer délibérément l’horreur et la peur, créer une situation de tension extrême, précipiter l’affrontement et la radicalisation.Le danger est immense de voir le racisme et l’islamophobie déferler.  D’ores et déjà les actes contre les musulmanNEs  (attaque contre des mosquées, agressions…) se multiplient. Il est décisif d’y opposer une condamnation et une résistance  sans concession. Plus que jamais nous devons combattre toutes stigmatisations, toutes discriminations. Il faut aussi refuser toutes les mesures sécuritaires et liberticides. Hollande appelle à l'union nationale, le PS, l'UMP organisent dimanche des marches d'union nationale auxquelles le FN, reçu par Hollande le 9 janvier, a demandé à être invité. Les uns et les autres cherchent ainsi à masquer leur propre responsabilité dans la dégradation sociale et politique, le climat délétère que nous connaissons aujourd'hui. Tout en s'en défendant, ils cultivent un climat xénophobe et raciste, la peur de l'étranger, la peur de l'autre, terreau de la haine. Ils veulent ainsi diviser les classes populaires, les soumettre à leur politique, à leur ordre social qui engendrent la barbarie qu'ils prétendent combattre.Le comble du cynisme revient à Marine Le Pen qui a fait de la xénophobie, de la dénonciation des immigrés et des étrangers sont fonds de commerce.    - Une politique qui engendre le désespoir et la barbarie - Pour la solidarité entre les travailleurs et les peuples

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Kobané et l’hypocrisie des grandes puissances

Il a fallu attendre 5 semaines pour que la coalition internationale cesse de regarder l'Etat Islamique l'arme au pied massacrer les kurdes de Kobané en Syrie. 5 semaines aussi pour que le gouvernement turc ouvre ses frontières pour laisser passer les armes aux combattants de Kobané. La Turquie a finalement cédé à la pression de la réprobation internationale et aux manifestations imposantes de sa propre population, et pas seulement des Kurdes. Manifestations d'ailleurs violemment réprimées par le gouvernement d'Ankara car il craint qu’une victoire des Kurdes de Kobané sur l’Etat Islamique entraîne par la suite un mouvement d’émancipation du peuple Kurde. Depuis les « printemps arabes » de 2011, tous les gouvernants ont une obsession : empêcher les populations de se libérer elles-mêmes du joug politique et social qui les écrase. Quitte à favoriser les forces les plus réactionnaires, promptes à noyer tout frémissement révolutionnaire dans de sanglantes guerres civiles, comme en Libye hier ou en Syrie aujourd’hui. Il n’y a pourtant à cela aucune fatalité. Les différences culturelles, linguistiques, religieuses ne font pas obstacle à la cohabitation des peuples ; sauf quand elles sont instrumentalisées au profit des dominants ou de ceux qui aspirent à le devenir. Et lorsque les États riches interviennent (ou non) contre les miliciens barbares de l'EI, c'est en fonction de leurs intérêts, et non par souci du sort des peuples qui se retrouvent pris en étau entre la barbarie islamiste et l'impérialisme.
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